L'Ingénieur Navigateur

L’ingénieur navigateur

Diplômé de l’INSA Lyon (comme François Gabart, le vainqueur du Vendée Globe 2013), Romuald Perez a été successivement ingénieur logiciel, chef de projet, directeur de projets et responsable d’affaires. A partir de janvier 2017, il sera navigateur, puisqu’AViSTO lui a accordé un congé sans solde de près de 2 ans pour réaliser son rêve. Il nous présente son aventure, avant de mettre les voiles… portrait de Romuald, l'ingénieur navigateur.  

Boucle de l’Atlantique

Q : Romuald, tu pars en janvier 2017 pour un tour du monde à la voile…

Pour une boucle de l’Atlantique. Je rêvais d’un tour du monde, mais cela m’aurait pris entre 3 et 5 ans pour le réaliser. Du coup, j’ai un peu réduit l’ampleur du projet, sans pour autant le dénaturer. Laurence (ma compagne) et moi partons en janvier prochain de Golfe Juan / Vallauris. Dans les grandes lignes, nous allons d’abord rejoindre la Guadeloupe en suivant l’itinéraire de la Route du Rhum. Ensuite, le planning est ouvert, l’idée est de partir à la découverte d’un maximum d’îles des Caraïbes, par exemple Cuba. Le retour à notre port d’attache est prévu pour septembre 2018.

Q : Vous allez donc prendre votre temps…

Absolument, je ne suis d’ailleurs pas un régatier dans l’âme. Ce que j’aime par-dessus tout dans la navigation, c’est d’être sur l’eau et de découvrir des coins magnifiques.

Q : Qu’est-ce qui fait qu’à 37 ans, on décide de prendre le large ?

C’est un projet qui a eu le temps de mûrir. J’ai commencé à y songer en 2012 ; en 2014, quand je suis devenu responsable d’affaires, il était déjà assez abouti, à tel point que j’en avais parlé à Christophe, le responsable régional d’AViSTO. Il aura fallu attendre 2 années supplémentaires pour que tout puisse se mettre en place, notre départ ayant forcément un impact sur nos environnements personnels et professionnels.

Passion pour la Voile

Q : D’où te vient ta passion pour la voile ?

Il s’agit surtout d’une passion pour la mer. En fait, j’ai vécu mon enfance sur un bateau, en Corse. Mon père était corailleur : il plongeait 2 fois par jour pour remonter des paniers de corail rouge, utilisé par les bijoutiers.

Q : Comme dans le Grand Bleu ?

C’est exactement ça. Et d’ailleurs, à la sortie du film, il était venu me chercher à l’école pour aller voir le voir.

Q : As-tu déjà navigué sur l’Océan Atlantique ?

Non, c’est l’une des raisons de mon départ : je veux aller voir s’il est plus ou moins salé que la mer Méditerranée !

Appréhensions

Q : As-tu des appréhensions particulières ?

Tout ! En fait, c’est la traversée de l’Atlantique qui est la plus inquiétante. Pour rallier la Guadeloupe depuis le Cap Vert (l’île située au large du Sénégal), il faut compter 15 à 20 jours de mer. Un petit souci peut alors se transformer en vraie catastrophe ; par exemple, si on se blesse en plein milieu de l’océan, ou bien si on fait face à un problème technique. Il y a la piraterie également ; pour cette raison, nous allons éviter de nous approcher des côtes mauritaniennes. Enfin, nous serons dans les Caraïbes durant la période des cyclones (de juillet à septembre). Il faudra faire preuve d’une extrême prudence ; nous nous abriterons dans des zones protégées si nécessaire.

Le bateau

Q : Décris-nous ton bateau…

C’est un voilier de 11m, adapté pour la haute mer. C’est une sorte de studio les pieds dans l'eau, avec un certain niveau de confort (de l’eau chaude, des wc, un lavabo, une cuisine…). Au niveau électronique, il est équipé d’un GPS, d’un radar, ou encore d’un système AIS permettant d’éviter les collisions.

Q : Et la nuit, comment ça se passe ?

Tu es obligé de rester en veille permanente. Laurence prendra les quarts de jour, et moi ceux de nuit. Je dormirai donc par tranches de 20 minutes, ce qui correspond à un cycle de sommeil. A chaque fois, il faut se lever, faire le tour du bateau et observer l’horizon. La nuit, tu vois la moindre lumière à des kilomètres. Par contre, le danger vient des obstacles flottants non éclairés (ex : un conteneur). C’est très compliqué de les éviter, et c’est d’ailleurs un problème majeur pour les bateaux de course. Notre bateau allant 4 fois moins vite, les dégâts devraient normalement rester limités.

Formation Navigateur

Q : As-tu suivi une « formation » de navigateur ?

Après mes études à l’INSA Lyon, je suis redescendu vers le Sud, à Nice, pour retrouver la mer. J’ai acheté un premier voilier de 6,6m et j’ai commencé à me former tout seul. Ensuite, j’ai intégré un équipage de régate ; pendant 2 ans, j’ai appris à régler les voiles par exemple, pour être plus efficace. Puis je me suis lancé dans la navigation en solitaire en Méditerranée. J’ai par exemple fait le tour de la Corse ; je suis allé en Sardaigne, en Sicile et aux Baléares également.

Q : Comment pourra-t-on suivre ton aventure ?

Je te donnerai des nouvelles régulièrement, tu pourras les partager sur le site AViSTO. Nous partons dans l’inconnu, à tous les niveaux : la traversée, les difficultés à surmonter, les gens que nous allons rencontrer… nous aurons des choses à raconter !

Q : Un petit mot de conclusion ?

Oui, pour Christophe et Fred (Onado, le directeur opérationnel d’AViSTO) : merci de m’avoir écouté et de m’avoir permis de me lancer dans cette aventure. Et bien entendu, je remercie également mes collègues de Sophia, qui me soutiennent dans mon projet et vont reprendre mes activités durant mon absence.

Bon vent à toi Romuald…

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